LA BATAILLE SANTE DU DEUXIEME TOUR ENTRE LE PEN & MACRON

 

Dr Luc Duquesnel, Dr Renaud Péquignot et Claude Le Pen
PRESIDENTIELLE : LA BATAILLE SANTE DU DEUXIEME TOUR ENTRE MARINE LE PEN ET EMMANUEL MACRON


Si la campagne du premier tour a été marquée par les affaires et les polémiques, celle du second tour oppose deux programmes, deux visions de la France. Le Dr Luc Duquesnel, représentant les médecins de ville, le Dr Renaud Péquignot, pour l’hôpital et l’économiste Claude Le Pen passent au crible et sans concession les programmes santé de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron.

Emission animée par Philippe Berrebi

Invités : Dr Luc Duquesnel, Dr Renaud Péquignot et Claude Le Pen

BFM Business Le dossier Santé de la semaine

Le dossier de la semaine: Tiers payant, déserts médicaux, formations: Quels enjeux pour la médecine dans les prochaines années ?

Patrick Bouet, président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, a détaillé les perspectives pour la médecine dans les années à venir. – Check-up Santé, du samedi 29 avril 2017, présenté par Fabien Guez, sur BFM Business.

Mise en ligne le 29/04/2017

CNPS Express L’Actualité des Libéraux de Santé

Présidentielles 2017 : Duel MACRON/LE PEN au deuxième tour : Le premier tour de l’élection présidentielle s’est tenu le 23 avril 2017 avec plus de 47 millions d’électeurs appelés aux urnes pour départager les 11 candidats en lice. Avec un taux de 78,69 %, les électeurs ont finalement donné raison aux sondages en confirmant un deuxième tour disputé entre Emmanuel Macron, En Marche !, et Marine Le Pen, Front National, dimanche 7 mai.

Ce que les responsables santé des finalistes ont dit au CNPS : Le CNPS avait rencontré, avant le premier tour, les représentants santé des principaux candidats dont ceux d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. Retrouvez les synthèses des échanges du CNPS avec :

Olivier Véran pour En Marche !    /    Joelle Mélin pour le Font National

Les programmes santé des finalistes de la présidentielle : Voici les points principaux de leurs programmes santé respectifs :

Emmanuel Macron :

  • Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) à 2,3% sur la durée du quinquennat
  • Plan d’investissement de 5 Mds € investis dans la santé (numérique, innovation, hôpital, maisons de santé)
  • Renforcement de la pertinence des soins et aucun soin utile déremboursé
  • Prise en charge à 100 % des dépenses d’optique, dentaire et d’audioprothèse
  • Encadrement des complémentaires santé via trois contrats types
  • Favorable aux réseaux de soins s’ils sont ouverts
  • Tiers payant « généralisable »
  • Création de 3 000 MSP à l’horizon 2022
  • Développement de mesures incitatives dans les déserts médicaux
  • Création d’un service sanitaire d’une durée de 3 mois pour les étudiants en santé
  • Diversification des modes de rémunération
  • Développer les pratiques avancées et adapter les formations de santé (doctorat à plus de paramédicaux)
  • Accélération des GHT
  • Diversification des modes de financement des établissements de santé, avec une limitation à 50 % au maximum la place de la T2A pour favoriser des financements sur objectifs o et missions de santé publique
  • Introduction de financements aux parcours ou aux épisodes de soins
  • Dispensation des médicaments à l’unité

Voir le programme thématique santé d’Emmanuel Macron

Marine Le Pen

  • Suppression de l’AME
  • Économies de gestion et « baisse des dépenses sociales qui découlera de la réduction drastique des flux migratoires »
  • Amélioration du reste à charge : suppression des plafonnements de garanties introduits par les contrats responsables
  • Encadrement des complémentaires santé : interdiction du recours à la publicité et plafonnement des frais de gestion, interdiction des réseaux de soins
  • Suppression du caractère obligatoire et automatique du tiers payant généralisé, tout en le laissant possible
  • Relèvement du numerus clausus pour les médecins
  • Favoriser la poursuite de l’activité des médecins retraités dans les zones sous-denses à l’aide de réductions de charges
  • Instituer un service de coordination entre les hôpitaux et la médecine de ville
  • Développement des MSP
  • Réactualiser les tarifs de manière progressive pour que les professionnels libéraux soient justement rémunérés
  • Financement de la télé médecine
  • Maintien au maximum les hôpitaux de proximité » et augmenter les effectifs de la fonction publique hospitalière
  • Lutter conservateur la fraude sociale
  • Remise à plat de la tarification des hôpitaux et réforme des GHT
  • Développement de la vente à l’unité́ des médicaments remboursables

Voir le programme thématique santé de Marine Le Pen    /    Voir les réponses spécifiques sur le bucco-dentaire

La CNSD dénonce une nouvelle attaque contre l’accès aux soins : La Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) estime que la parution au Journal officiel de deux textes relatifs à la CMUC et l’ACS viennent « parachever la campagne de destruction lancée par Marisol Touraine contre l’accès aux soins en venant encore plus fragiliser les cabinets prenant en charge les patients démunis et précaires ». L’un de ces textes vise à plafonner certains tarifs pour les ACS comme le prévoyait la Loi de Modernisation du Système de santé, en les fixant au même niveau que ceux imposés par la CMU-C. La CNSD note que « 7 à 8 millions de patients qui bénéficieront des tarifs imposés aux chirurgiens-dentistes, alors que la revalorisation conséquente des actes opposables qui aurait permis de motiver cette démarche n’a pas eu lieu ». Le syndicat s’inquiète de l’atteinte portée par ces différentes mesures aux cabinets dentaires situés dans des zones économiquement fragiles. S’ils disparaissent, « où serait l’amélioration de l’accès aux soins annoncée par la ministre ? », interroge la CNSD.

Voir l’actu de la CNSD

ROSP : la CSMF salue un dispositif efficace : Alors que l’assurance maladie publiait les résultats des cinq premières années d’application de rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) pour les médecins, la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) s’est félicitée « du bilan globalement positif de ce mécanisme qui a permis la valorisation des bonnes pratiques médicales et l’amélioration de la prise en charge du patient ». Toutefois le syndicat qui souhaite amplifier ce dispositif « ne comprend pas les atermoiements et les blocages de la CNAM pour étendre la ROSP à tous les médecins, quelle que soit leur spécialité. »

Voir le communiqué de la CSMF

Le SML dresse un bilan sévère du quinquennat écoulé : Le Syndicat des médecins libéraux (SML) a dressé un bilan très négatif du quinquennat qui s’achève en matière de santé. Le SML stigmatise « une accélération de l’étatisation du système de santé à travers le tiers payant généralisé, par le renforcement du pouvoir des agences régionales de santé et par une complexification inédite de l’organisation sanitaire ». Parmi les points noirs, le SML liste également le plafonnement des dépassements d’honoraires du secteur avec les contrats responsables et une convention insuffisante sou tutelle. Mais pire que tout, le syndicat « déplore l’absence de dialogue et de concertation » qui restera la marque de ce quinquennat.

Voir le communiqué du SML

Biologie délocalisée : le SDB saisit le DG de l’assurance maladie : Depuis deux ans, le Syndicat des biologistes (SDB) alerte le ministère de la Santé et l’Assurance maladie sur la situation instable et dangereuse des laboratoires de biologie médicale privés pratiquant de la biologie délocalisée pour répondre à des besoins de décision thérapeutique urgente. Le SDB vient de saisir le directeur général de l’Assurance Maladie sur ce sujet. Il réclame un « moratoire sur les contrôles dans l’attente que les situations de recours à cette biologie soient éclaircies et, a minima, que soit clairement défini ce qu’il faut entendre par « décision thérapeutique urgente ».

Voir le communiqué du SDB

 

 

 

 

 

 

Monsieur Macron, soyez un réformateur social-libéral aussi en santé!

Monsieur Macron, soyez un réformateur social-libéral aussi en santé !  Vous avez la bonne idée de fusionner les régimes publics de retraites, pourquoi ne pas le faire en santé?

25/04/2017 10:06 CEST | Actualisé il y a 12 heures

Frédéric Bizard Economiste – Enseignant à Sciences Po Paris

Christian Hartmann / Reuters

Monsieur Macron, soyez un réformateur social-libéral aussi en santé!

Monsieur Macron, votre programme pour le prochain quinquennat est globalement marqué par une volonté réformatrice d’inspiration sociale-libérale. C’est celle-ci, articulée autour la liberté et la justice (voir ici), qui a permis à la plupart des pays développés de se réformer et qui guide mes travaux de recherche (1).

Cette ligne est en revanche absente sur un sujet majeur pour les Français, la santé. On pourrait même craindre une certaine continuité avec la politique menée ces dernières années.

Le bilan Touraine vous oblige à une politique de rupture …

La sur-administration des soins a conduit à une forte dégradation des conditions de travail et à un sentiment de dévalorisation des professionnels de santé. Malgré cela, la loi Touraine de 2015 a encore renforcé les pouvoirs d’intervention de l’État, via les agences régionales de santé, dans l’organisation des soins hospitaliers et de ville. La défiance existante entre les Pouvoirs publics et les acteurs du système n’en sera que plus forte!

En opposant ouvertement le secteur privé libéral au secteur public, Mme Touraine aura réussi l’exploit d’affaiblir les deux. Il fallait soi-disant exclure les cliniques privées pour renforcer le service public hospitalier, le résultat est un affaiblissement de ce dernier et des cliniques. Mme Touraine a commencé son mandat en clamant sa volonté de reconstruire la grandeur de l’hôpital public, elle l’a fini en nommant un expert pour une mission sur la souffrance des agents hospitaliers. Tout un symbole de son bilan!

Les conséquences de ce quinquennat pour les patients sont déjà palpables. Les fortes hausses des délais de rendez-vous (+13 jours en moyenne depuis 2012), des renoncements aux soins et de la désertification médicale illustrent le triple obstacle temporel, financier et géographique qui existe désormais pour se soigner. La généralisation d’un tiers payant punitif pour les professionnels, des campagnes de stigmatisation des tarifs médicaux pourtant parmi les plus bas d’Europe, le plafonnement des remboursements par les contrats privés des actes des spécialistes, des contrats d’assurance illisibles et trop coûteux pour les personnes âgées sont directement responsables de cette situation pathétique.

Le retard colossal dans la numérisation de notre système de santé plombe l’efficience du système. La politique de santé publique a fini de détruire notre médecine scolaire et du travail. En réalité, aucune politique de santé publique n’a été menée pendant un quinquennat qui n’a fait que rechercher des boucs émissaires. Sectarisme, recul des libertés, hausse des inégalités sont les 3 marques du quinquennat Touraine en santé.

Le nouveau monde impose une réforme systémique

Vous avez annoncé une politique de santé différente dans la forme. Dont acte, mais c’est une réforme structurelle globale qui s’impose pour adapter notre système de santé à la triple transition démographique, épidémiologique et technologique. D’abord, instaurer une nouvelle stratégie de santé qui permette un accès à la santé et pas seulement aux soins d’une part et une régulation de l’offre par la qualité et pas seulement par le volume d’autre part. Ce changement de paradigme impose des réformes structurelles absentes de votre programme.

Passer du soin à la santé implique de mettre en place une véritable politique de maintien en bonne santé incluse dans toutes les politiques publiques concernées (éducation, ville, sport, transport, environnement…). Les médecins généralistes doivent être pleinement intéressés au maintien en bonne santé de leur patientèle, ce qui impliquent formation et rémunération dédiées.

Votre proposition d’un stage de 3 mois aux étudiants pour une telle mission est loin des enjeux.

Ensuite, la réorganisation d’une offre de soins centrée sur les patients passe par l’instauration d’une médecine de parcours grâce à un contrat patient avec un médecin coordinateur pour les affections de longue durée et la création de centres ambulatoires universitaires de médecine générale (CAUMG). Cela nécessite de redonner tous ses atouts à la médecine libérale, qu’elle redevienne une médecine libre et responsable.

Votre proposition de doubler le nombre de maison de santé existante, dont le millier existant a démontré toutes les limites dans un contexte trop bureaucratique, est une continuité de la politique actuelle qui a échoué.

Pour l’hôpital, continuer à épargner l’hôpital de la concurrence privée en ne rétablissant pas les cliniques privées dans le service public hospitalier et réduire la tarification à l’activité à l’hôpital public (qu’il faut plutôt compléter par un lien avec la qualité) ne feront que tirer vers le bas le secteur public.

Vous jugez la gouvernance de notre système de santé « satisfaisante » alors qu’il n’y a en réalité aucun pilote dans l’avion. Un État sans vision a repris la quasi intégralité de la gouvernance nationale et locale, laissant les usagers et les professionnels de santé spectateurs et non acteurs responsables.

Vous avez la bonne idée de fusionner les régimes publics de retraites, pourquoi ne pas le faire en santé? La jungle des opérateurs assurantiels privés a dégradé la solidarité et l’accès aux soins, pourquoi l’amplifier en promettant le 100% de remboursement de certains soins courants sans réforme structurelle?

Alors que le secteur de la santé est de plus en plus stratégique sur un plan économique (économie de l’innovation) et pas seulement sanitaire, il serait incongru de laisser notre système de santé se déliter à vitesse accélérée.

Ce délitement ne tiendra pas socialement cinq ans de plus, ce qui impose de réaliser une rupture de fond et de forme avec le quinquennat qui s’achève!

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(1) Protection sociale, pour un nouveau modèle, Éditions Dunod, Mars 2