Qui est Agnès Buzyn la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé ?

POLITIQUE

Qui est Agnès Buzyn la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé du gouvernement Édouard Philippe

Cette médecin de 54 ans était membre de la Haute autorité de Santé depuis mars 2016.

17/05/2017 17:29  /  Le HuffPost avec AFP

Qui est Agnès Buzyn la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé du gouvernement Édouard Philippe

GOUVERNEMENT – Après Marisol Touraine et son profil très politique, c’est une médecin qui prend les rênes du ministère de la Santé. Agnès Buzyn a été nommé ministre des Solidarités et de la Santé, a annoncé ce mercredi 17 mai Alexis Kohler.

Son profil : professeure spécialisée en hématologie, enseignante et chercheuse, elle était depuis mars 2016 la présidente de la Haute autorité de santé (HAS).

Quelques heures avant sa nomination surprise, cette femme de 54 ans présidait mercredi matin une conférence de presse à la HAS, à Saint-Denis, près du Stade de France. Son thème : l’introduction des tests ADN de dépistage prénatal de la trisomie 21 dans le dispositif officiel de santé national.

« Notre programme de dépistage de la trisomie 21 est l’un des plus performants au monde », assurait-elle aux journalistes… qui étaient alors loin de se douter qu’ils écoutaient la future ministre.

Un peu plus tard, elle avait dû quitter prématurément la conférence de presse après un coup de téléphone. Qui scellait sa nomination comme ministre des Solidarités et de la Santé, nouvel intitulé du portefeuille (après Affaires sociales et Santé) ?

Plus de 150 publications scientifiques

Issue d’une famille de médecins, ancienne interne des Hôpitaux de Paris, Agnès Buzyn a réalisé la majeure partie de son parcours de clinicienne hématologue et d’universitaire à l’Université Paris V-Hôpital Necker. Elle a été responsable de l’Unité de soins intensifs d’hématologie adulte et de greffe de moelle de 1992 à 2011. Comme chercheuse, ses travaux ont donné lieu à plus de 150 publications dans des revues scientifiques en langue anglaise.

Elle gardait jusqu’à présent une activité de consultation d’hématologie à l’hôpital Saint-Antoine à Paris. Elle a également été membre du conseil médical et scientifique de l’agence de biomédecine (2005-2008) et présidente du conseil scientifique de la société française de greffe de moelle et de thérapie cellulaire (2008-2011).

Au sein des agences de l’Etat, elle a présidé le conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) de 2008 à 2013. Elle a été présidente de l’Institut national du cancer (INCa) de mai 2011 à février 2016 avant de prendre la tête de la HAS.

« C’est quelqu’un qui a une grosse force de travail, est extrêmement humaine dans l’approche des dossiers et très respectueuse des personnes », a raconté à l’AFP le docteur Jérôme Viguier, de l’INCa, qui décrit aussi une femme « très gourmande »: « Il y avait toujours des gâteaux dans les réunions. Elle en rapportait de sa maison en Corse ».

Agnès Buzyn a trois enfants et est mariée au spécialiste du sida Yves Lévy, directeur de l’Inserm.

Soulagée, la santé réagit à l’élection de Macron et attend des actes

Favori des médecins face à Marine Le Pen, Emmanuel Macron est élu président de la République avec un peu plus de 65 % des suffrages.

Pendant la campagne de l’entre-deux-tours, le candidat avait reçu de nombreux soutiens du monde de la santé qui appelait à faire barrage au Front national.

Pas question cependant de donner une carte blanche au nouveau pensionnaire de l’Élysée.

Les syndicats restent plus que jamais vigilants sur la politique santé du futur gouvernement.

Emmanuel Macron, 39 ans, a été élu le 7 mai président de la République avec 65 % des suffrages. « Le Quotidien » fait l’inventaire des principaux changements qui attendent la profession et le secteur de la santé.

En médecine libérale, les principaux choix de l’ex-ministre de l’Économie de François Hollande s’inscrivent dans le sillage du quinquennat précédent, mais en creusant plusieurs sillons. Emmanuel Macron promet une « révolution » de la prévention, y compris en adaptant la rémunération des praticiens. « Il vaut mieux investir un euro aujourd’hui dans le préventif que cinq euros demain dans le curatif », a-t-il justifié dans nos colonnes. Il poursuivra en ce sens la diversification des modes de paiement en médecine libérale. Il ambitionne de « déverrouiller » la télémédecine (très peu d’actes sont rémunérés comme tels) et de maintenir le secteur II.

Dans le domaine de l’organisation des soins de premier recours, son projet santé ne prévoit pas de solutions uniformes même s’il veut doubler le nombre de maisons de santé en cinq ans (soit 1 000 structures supplémentaires tout de même). Il met plutôt l’accent sur l’évaluation et l’expérimentation territoriale, au risque de cultiver l’ambiguïté sur ses arbitrages. Un objectif est martelé : mieux articuler la médecine libérale et l’hôpital. Il engagera une réflexion sur les compétences et métiers en santé – l’objectif étant de développer les pratiques avancées des paramédicaux.

Service sanitaire et tiers payant généralisable

Dès la formation initiale, l’énarque assume la création d’un service sanitaire de trois mois pour 40 000 étudiants en santé dans les écoles et les entreprises pour y faire de la prévention, du dépistage et de la sensibilisation. Il semble aussi déterminé à remettre à plat le numerus clausus, sans préciser la formule alternative.

L’ancien banquier d’affaires – dont les deux parents sont médecins – veut rendre le tiers payant « généralisable, simple et efficace », une façon de ne pas braquer la profession, sans renoncer à l’objectif politique. « Nous prendrons le temps d’évaluer ses bénéfices et les contraintes qu’il pourrait induire », lit-on dans son programme. Pour le Dr Claude Pigement, ex-monsieur santé du PS, cette réforme emblématique « ne sera pas remise en cause mais les choses se feront progressivement d’autant qu’il s’agit d’une obligation sans sanctions ».

À l’hôpital, l’ancien inspecteur des Finances prend ses précautions. Il engagera une « large concertation » dès le début du quinquennat avant de lancer une réforme « en profondeur » qui devrait concerner la gouvernance, l’organisation et la tarification. Lors de ses interventions sur le sujet, il a promis de conférer davantage d’autonomie aux établissements (notamment pour recruter), de maintenir les effectifs soignants, d’accélérer le déploiement des GHT, de développer l’ambulatoire et de réduire la part de T2A, dans les pas de Marisol Touraine. Il a également évoqué l’attractivité des carrières et des conditions de travail.

Fin du RSI et zéro reste à charge pour les lunettes en 2022         

Côté finances, le natif d’Amiens envoie des signaux aux avocats de l’orthodoxie budgétaire mais aussi aux partisans de l’investissement dans la santé. D’un côté, il économisera 15 milliards d’euros en cinq ans sur l’assurance-maladie (ce qui correspond peu ou prou à la tendance actuelle) ; de l’autre il investira cinq milliards d’euros (hors ONDAM ?) pour moderniser l’hôpital, soutenir les innovations en ville et rattraper le retard français sur les systèmes d’information. Il devrait s’engager sur un objectif national de dépenses maladie (ONDAM) pluriannuel de 2,3 % par an, ce qui est relativement souple au regard des années passées (autour de 2 %).

Mesure phare de sa campagne, Emmanuel Macron vise une prise en charge à 100 % d’ici à 2022 pour les lunettes et les prothèses dentaires et audio « sans augmenter le prix des mutuelles ». Comment ? Grâce à une « clarification de la relation entre Sécu, mutuelles et professionnels », a-t-il expliqué lors du débat de second tour. Il compte instaurer trois contrats types, un « moyen », un « qui couvre tout », et un autre « qu’on puisse renforcer ».  Objectif : davantage de concurrence et de lisibilité.  Il n’est « pas favorable aux réseaux de soins incluant les médecins », nous a-t-il assuré.

Pendant la campagne, Emmanuel Macron s’est engagé à ne procéder à aucun déremboursement de médicaments « utiles ». Il envisage de rétablir la prise en charge à 100 % du traitement des formes sévères d’HTA, à la lumière d’une expertise indépendante.

Côté recettes, il supprimera les cotisations maladie (et chômage) payées par le salarié en compensant par une hausse de CSG. À plusieurs reprises, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de supprimer le RSI pour le remplacer par un guichet unique pour les indépendants « dans le cadre du régime général ».

Une galaxie santé étoffée

Dans son équipe santé, on trouve l’immunologue et spécialiste du SIDA Jean-Louis Touraine, l’ex-patron de la FHF Claude Evin et le Pr Jérôme Salomon. Mais c’est l’ex-député socialiste Olivier Véran, neurologue au CHU de Grenoble, qui s’est imposé comme l’expert le plus influent