Le remboursement à 100% des longues maladies est-il menacé? – RTL

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6mn pour Trancher – Matinale de RTL présentée par Yves Calvi le 1er Juin 2017
Yves Calvi reçoit les économistes Frédéric Bizard et Claude Le Pen suite au rapport de l’Assurance maladie sur la forte hausse des dépenses liées aux maladies de longue durée d’ici à 2020. EN prévision de ses recommandations pour le PLFSS 2018 en matière d’économies à générer, l’Assurance Maladie a analysé l’évolution des dépenses publiques de 2012 à 2015 et a réalisé une projection d’ici à 2020.

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Agnès Buzyn, une médecin à la Santé

Agnès Buzyn, une médecin à la Santé

Par LEXPRESS.fr , publié le 17/05/2017 à 18:23 , mis à jour à 19:50

Agnès Buzin, le 27 Janvier 2016. Elle a été nommée ministre des Solidarités et de la Santé.

Spécialiste de l’hématologie, nommée en 2016 à la tête de la Haute autorité de Santé, Agnès Buzyn hérite du ministère de la Santé dans le gouvernement d’Edouard Philippe.

Elle coche la case « société civile » dans le gouvernement d’Édouard Philippe et répond à l’engagement de campagne d’Emmanuel Macron de nommer au ministère de la Santé un médecin. Agnès Buzyn spécialiste reconnue en hématologie et en greffe, passée par les institutions nationales, hérite donc du ministère des Solidarités et de la Santé.

Une nomination saluée par l’ex-ministre en charge des Personnes âgées et de l’Autonomie, Michèle Delaunay.

Ce n’est pas la première fois qu’un médecin est nommé à la tête du ministère de la Santé, avec des fortunes diverses: Bernard Kouchner (gastro-entérologue), Jean-François Mattei (pédiatre), Philippe Douste-Blazy (cardiologue) et Roselyne Bachelot (docteure en pharmacie) l’ont précédée.

Un CV impeccable mais…

Agnès Buzyn est une professionnelle reconnue, au CV impeccable: spécialiste d’hématologie, elle a dirigé pendant 20 ans le service de soins intensifs d’hématologie et de greffe de moelle osseuse à l’hôpital Necker, a été professeure à l’Université Pierre et Marie Curie. Elle connaît aussi parfaitement les arcanes administratives de la Santé: elle a occupé plusieurs postes à l’Institut national du Cancer (Inca), jusqu’à en prendre la présidence en 2011. Un passage salué par les professionnels. En 2016, elle est nommée présidente de la Haute Autorité de Santé (HAS), une instance clé, chargée d’évaluer le prix du remboursement des médicaments.

A l’époque, Libération en fait un portrait plutôt laudateur. « Lors de ses auditions au Parlement, droite et gauche ont salué la nomination d’une femme d’expérience et de science, qui a réussi ces cinq dernières années à la présidence de l’Institut national du cancer ».

… Déjà une polémique : Une expérience étoffée mais des propos polémiques qui lui collent à la blouse.

En effet, après sa nomination à la HAS, Mediapart avait publié un article expliquant qu’Agnès Buzin estime que « les liens d’intérêts entre experts et laboratoires pharmaceutiques sont un gage de compétence ». Le site s’appuyait notamment sur des propos tenus lors d’une audition au Sénat, lors de laquelle la médecin expliquait que l’obligation pour les chercheurs de publier tous leurs liens d’intérêts était « handicapante » pour certains chercheurs. « Ils ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l’Inca. On passe notre vie à écrire des mails d’excuses aux experts pour leur expliquer pourquoi on n’a pas pu les retenir à l’analyse de leurs déclarations. »

Elle allait plus loin, expliquant même qu’en raison des freins législatifs, « on commence à avoir des experts institutionnels qui n’ont plus aucun lien avec l’industrie pharmaceutique et dont on peut se demander, à terme, quelle va être leur expertise, puisqu’ils ne sont plus à aucun « board » ». « Elle-même, lorsqu’elle était vice-présidente de l’Inca, était également au « board » de deux gros labos: Novartis et Bristol-Meyers Squibb.

Dépenses de santé: l’Assurance maladie face aux défis des maladies chroniques

A La Une Sud Ouest Éco

Publié le par SudOuest.fr avec Afp.

Les Français vivent plus longtemps mais ils souffrent aussi plus souvent de maladies chroniques qui pèsent lourd dans les comptes de la Sécu. Une étude de l’Assurance maladie mesure l’impact des principales pathologies sur les dépenses de santé et projette leur évolution d’ici 2020

À quelques semaines de la divulgation des mesures d’économies qu’elle entend réaliser, l’Assurance maladie a passé au crible les dépenses de santé des 57 millions de bénéficiaires du régime général, soit 4 Français sur 5, entre 2012 et 2015. Une étude qui lui permet de mesurer l’impact des principales pathologies et de projeter l’évolution des dépenses pour les trois prochaines années.

10,2 milliards d’euros de plus en quatre ans.

Premier constat, en quatre ans, les dépenses de santé ont augmenté de 10,2 milliards d’euros pour atteindre 133,6 milliards en 2015, selon cette étude qui passe en revue 56 pathologies. Plus d’un bénéficiaire sur deux a recouru à un soin courant, le reste de la population, soit 26 millions d’assurés, ayant été concerné par des soins liés à des pathologies chroniques, des traitements médicamenteux spécifiques au long cours ou la maternité

Hospitalisations ponctuelles plus nombreuses

Les grandes tendances observées depuis 2012  se confirment  avec « un recours important et croissant » aux hospitalisations ponctuelles sans lien possible avec une pathologie spécifique (+335.000 personnes sur quatre ans). La hausse du nombre de ces hospitalisations, qui s’explique par le vieillissement de la population, en fait le premier poste de dépenses (30,7 milliards d’euros).

Le poids de la santé mentale

Autre phénomène confirmé par l’étude, « le poids de la santé mentale » (traitement des maladies psychiatriques ou consommation de psychotropes) avec des dépenses versées à plus de 7 millions de personnes atteignant 19,3 milliards d’euros (soit +2,3% en moyenne chaque année entre 2012 et 2015). « Grâce à ces données (…) nous sommes en train d’expérimenter des prises en charge psychothérapiques pour les épisodes dépressifs légers afin d’éviter le recours aux médicaments » explique l’Assurance maladie. La question est d’autant plus cruciale que le nombre de personnes atteintes de maladies psychiatriques devrait augmenter de 11% d’ici 2020 (soit 246.100 patients en plus).

Prise en charge des cancers:+4% par an

Troisième poste de dépenses, la prise en charge des cancers s’élevait en 2015 à 14,1 milliards d’euros et couvrait 2,5 millions de malades. En moyenne, 11.400 euros environ par an et par patient ont été remboursés par l’Assurance maladie pour les traitements des cancers en « phase active ». Entre 2012 et 2015 ces dépenses ont augmenté en moyenne de 4% par an, principalement en raison de nouveaux médicaments, précise l’étude.

Diabète et maladies cardio-vasculaires

L’Assurance maladie estime que d’ici à 2020, 548.000 personnes de plus qu’en 2015 devraient être atteintes d’au moins une pathologie chronique ou être concernées par un traitement au long cours. Selon les estimations, le nombre de personnes traitées pour du diabète augmenterait de 12% entre 2015 et 2020. En 2020, plus de 4 millions de malades seraient touchés.

Les maladies cardio-neuro-vasculaires devraient elles aussi concerner 604.000 personnes de plus, mais pour les deux tiers cette augmentation s’explique par un vieillissement de la population.